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Cinéma en C majeur et minuscule.

publié il y a 926 jours

"Micmacs à tire larigot" grâce à Jean Pierre Jeunet et " Rose et noir" à cause de Gérard Jugnot.
Attention: y a un gros mot à la fin!
Ne cherche pas de prétextes pour ne pas y aller déniant ce qui est populaire genre: "J'aime pas Dany Boon": ce n'est pas du Boon, c'est du bon, c'est du Jeunet et celui là te ferait aimer Delon.
Ou, plus snob: "Je n'aime pas Jeunet"
JPJ, c'est notre Terry Gilliam à nous, alors on y va les yeux fermés.Euh, en confiance parce qu'il faut ouvrir les mirettes pour profiter de la toile.
Quel réalisateur nous donne l'occasion de voir les physiques improbables de Michel Crémades,Dominique Pinon, Yolande Moreau? dommage que Daniel Emilford ait terminé son CDD pour cause de décés. Quand à moi, je n'avais pas revu Marielle depuis "Tous les matins du monde".
Bien sûr, chez Jeunet, il y a les scénarii dégoulinant de bons sentiments, la naïveté moralisatrice du petit monde besogneux des bras cassés qui écrase le grand mesquin du cynisme, l'acharnement manichéen de l'Amèlie ( Poulain) à vouloir faire le bonheur des autres, le romantisme désuet d'un "long dimanche de fiançailles".
Mais Jeunet c'est d'abord et avant tout de l'image, un monde intemporel couleur sépia, un bric à brac de tendresse et des personnages cosmopolites sapés comme les "Deshiens". Il y a une idée par seconde, une invention par plan et cela dégouline de créativité sur le spectateur inondé de surprises.
Sur, sous et dans une déchèterie fantasmagorique pousse comme autant de plantes rudérales l'humanisme de l'un, Marielle dans le rôle de "Placard", la commensalité de l'autre, Yolande Moreau "tambouille"d'une générosité royale, constituant l'équipe de personnalités hautes en couleur, opportune et complémentaire. Des trouvailles insensées pour mettre en scène le hasard dans le quotidien et des bricolages jubilatoires pour le prolonger. Dans nos quotidiens à nous, le hasard on le croise sans le voir, avec tous ces trains à prendre, ces frigos à remplir, ces rues à traverser, ces caddies à pousser et ces places de parking à trouver, alors on le laisse de coté ce hasard, comme une lettre ou un mail que l'on ouvrira trop tard.
Puis dans la foulée, réconcilié avec le cinoche, je suis passé dans la salle contiguë parce que j'aime bien Jugnot.
Gérard, c'est pareil: J'y vais les yeux fermés, euh en confiance parce....
Là, non!
Faut pas voir son "Rose et noir"comme il n'aurait pas du, lui qui ne compte que des réussites, le commettre. Je n'ai pas vu ce film sur l'intolérance et l'inquisition, je me suis endormi sur un numéro de folle surjoué d'un Jugnot de la haute couture Renaissance mal inspiré avec des blagues scatos et lourdingues.
Je suis sorti de la salle avant la fin du film pour profiter un peu du jour qui s'enfuit vers le ponant et de ton fantôme qui passe dans ma mémoire.
Moralité du jour: Le cinéma français c'est de la bande annonce racoleuse à profusion et parfois un film valable qui me renvoi à la parabole du "boute en train".
Pour celles qui l'ignorent, cette expression vient de la pratique des haras, rayon reproduction où pour préserver l'effort de l'étalon, on charge un bourrin quelconque des préliminaires sur la jument à saillir et c'est l'animal de race qui procède.
Transposé au cinéma,c'est l'inverse: le boute en train en ce moment c'est Jeunet qui t'allumes et Jugnot qui te baises!


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